Développer la créativité de l’enfant : ce que dit la recherche
Faire-semblant, moins de jouets, jeux d’histoires et questions ouvertes : développer la créativité de l’enfant de 2 à 12 ans, et ce que dit la recherche.
Par l’équipe MiniMinds

Sur cette page
- Qu’est-ce qui aide vraiment la créativité à grandir ?
- Le jeu de faire-semblant rend-il les enfants plus créatifs ?
- Qu’est-ce qu’un jouet ouvert, et avoir moins de jouets aide-t-il ?
- Faut-il laisser mon enfant s’ennuyer ?
- Est-ce normal que mon enfant ait un ami imaginaire ?
- Comment jouer à « Et après, qu’est-ce qui se passe ? »
- Quelles questions ouvrent l’imagination d’un enfant ?
- Quelles activités créatives proposer à chaque âge ?
- Les enfants perdent-ils leur créativité ?
- Quelle place pour MiniMinds ?
- Sources
La créativité de l’enfant, c’est ce talent pour trouver des idées nouvelles : un carton devient un bateau, une histoire prend un tournant que personne n’attendait. Vous la nourrissez en lui faisant de la place : du temps pour le faire-semblant et le jeu libre, quelques jouets simples, des jeux d’histoires où votre enfant décide de la suite, et des questions qui ont plus d’une réponse. Aucune activité n’a fait la preuve qu’elle « rend » un enfant créatif.
En bref
- L’Académie américaine de pédiatrie (2018) affirme que jouer avec ses parents et d’autres enfants développe les compétences socio-émotionnelles, cognitives, langagières et d’autorégulation, et demande aux pédiatres de rédiger une « ordonnance de jeu ».
- Le faire-semblant est fortement lié à la pensée créative, mais une grande revue de 2013 a conclu que les preuves ne montrent pas qu’il en est la cause.
- Dans une petite étude, 36 tout-petits à qui l’on donnait 4 jouets au lieu de 16 jouaient plus longtemps avec chacun, et de façons plus variées.
- La « crise de la créativité » est contestée : une réanalyse de 2021 des scores de plus de 330 000 personnes n’a trouvé aucune preuve d’un déclin d’une génération à l’autre.
Qu’est-ce qui aide vraiment la créativité à grandir ?
Des choses ordinaires : le jeu (souvent avec vous), quelques jouets qui peuvent devenir n’importe quoi, et de la place pour les idées de votre enfant.
Le rapport de l’Académie américaine de pédiatrie (AAP) The Power of Play affirme que jouer avec ses parents et d’autres enfants est « une occasion unique de favoriser les compétences socio-émotionnelles, cognitives, langagières et d’autorégulation qui construisent les fonctions exécutives et un cerveau prosocial ». Il porte sur le développement en général, pas sur la créativité. L’imagination et les émotions grandissent côte à côte ; voyez notre grand guide sur l’intelligence émotionnelle de l’enfant.
Le jeu de faire-semblant rend-il les enfants plus créatifs ?
Le faire-semblant va de pair avec la créativité, mais personne n’a montré qu’il la provoque. Alors profitez-en plutôt que d’en faire une leçon.
La revue de Russ (2016) a trouvé des « preuves solides » que les processus du jeu de faire-semblant sont associés à la créativité, en particulier à la pensée divergente (trouver plusieurs réponses à une même question), mais « un manque de consensus » sur la question de savoir si le faire-semblant la stimule réellement. Une grande revue de 2013 menée par Lillard et ses collègues était plus tranchée : les résultats étaient incohérents, les vraies causes pourraient être « les caractéristiques de l’enfant, de l’adulte et de l’environnement qui accompagnent le jeu », et les preuves « ne permettent pas d’affirmer avec force un lien de cause à effet quant à l’importance unique du jeu de faire-semblant ».
Pour y participer sans prendre le dessus, prenez un petit rôle (« Moi, je serai le client »), posez des questions plutôt que de diriger (« Comment il s’appelle, le dragon ? »), et suivez le mouvement quand les règles changent.
Qu’est-ce qu’un jouet ouvert, et avoir moins de jouets aide-t-il ?
Les jouets ouverts n’ont pas un seul bon usage : cubes, cartons, bouts de tissu, pâte à modeler, figurines, casseroles et cuillères. Une petite étude suggère qu’en avoir moins à la fois peut approfondir le jeu.
Dans cette étude, menée par Dauch et ses collègues (2018), 36 tout-petits ont eu des séances de jeu libre avec 4 jouets puis avec 16. Avec moins de jouets, ils passaient moins souvent d’un jouet à l’autre, jouaient plus longtemps avec chacun et « jouaient avec les jouets d’une plus grande variété de façons ». Avec une seule séance en laboratoire par condition, c’est une piste, pas une règle.
- Rangez la plupart des jouets ; faites-en tourner une poignée toutes les une ou deux semaines.
- Comptez aussi les objets du quotidien : une passoire devient un casque, une écharpe devient une rivière.
- Choisissez des jouets avec lesquels vous pouvez jouer ensemble. Le rapport de 2019 de l’AAP sur les jouets privilégie le jeu « riche en langage, en faire-semblant, en résolution de problèmes et en créativité », et relève un « manque de preuves » de bénéfices comparables pour les « jouets » numériques.
Faut-il laisser mon enfant s’ennuyer ?
Le temps non planifié mérite d’être protégé : il laisse de la place au jeu que votre enfant choisit. Mais il n’a pas été démontré que l’ennui lui-même rend les enfants créatifs.
Deux études de Mann et Cadman (2014), avec 80 et 90 participants qui ne sont pas décrits comme des enfants, ont montré que des tâches ennuyeuses augmentaient la créativité. Une réplication partielle auprès de 197 étudiants de licence n’a pas retrouvé cet effet : « ni l’ennui en tant qu’état ni l’ennui en tant que trait ne favorisent une créativité accrue ». Aucune de ces études n’a porté sur de jeunes enfants.
Quand votre enfant dit « Je m’ennuie », gardez votre calme (« Je me demande ce que tu vas inventer »), montrez-lui du matériel (« La boîte à bric-à-brac est près de la porte ») et, s’il est vraiment bloqué, proposez une seule idée de départ : « Et si tu construisais une maison pour Nounours ? »
Est-ce normal que mon enfant ait un ami imaginaire ?
Oui, c’est courant. Dans une étude de Taylor et ses collègues (2004) qui a commencé avec 152 enfants d’âge préscolaire, 65 % avaient déjà eu, à un moment ou à un autre, un compagnon imaginaire à l’âge de 7 ans. Lors de la nouvelle évaluation, les enfants d’âge scolaire qui n’« incarnaient » pas de personnages imaginaires obtenaient des scores plus faibles en compréhension des émotions. C’est une corrélation dans un seul échantillon, pas la preuve qu’un enfant sans ami imaginaire est en retard.
Montrez de l’intérêt (« Zog veut une tasse, lui aussi ? »). Si quelque chose dans le jeu ou le comportement de votre enfant vous inquiète, parlez-en à votre pédiatre.
Comment jouer à « Et après, qu’est-ce qui se passe ? »
Quelqu’un commence une histoire et chacun, à tour de rôle, y ajoute un morceau : c’est un jeu que le Center on the Developing Child de Harvard suggère pour les 4–7 ans.
Son guide d’activités explique que le jeu « les oblige à faire attention les uns aux autres, à réfléchir aux rebondissements possibles et à inventer des ajouts qui collent à l’histoire qui évolue ». Il suggère d’aider les enfants à écrire leurs mots, à illustrer leurs histoires et à les jouer, et de « prendre du recul plutôt que de mener leur jeu ». Le guide présente ce jeu comme un entraînement des fonctions exécutives, pas comme un test de créativité.
Une partie au coucher :
- Vous : « Un jour, un tout petit dragon trouva une porte au fond de la mer. »
- Votre enfant ajoute une phrase. Acceptez-la, quelle qu’elle soit, et construisez dessus.
- Après quelques tours, arrêtez-vous sur un moment de suspense. Le lendemain, votre enfant dessine le meilleur moment et vous écrivez ses mots en dessous.
Pas d’idée pour la première phrase ? Lisez une de nos histoires magiques ou de nos histoires de dragons et arrêtez-vous avant la fin : « Comment ça se termine, à ton avis ? » Les histoires dont votre enfant est le héros sont une autre porte d’entrée.
Quelles questions ouvrent l’imagination d’un enfant ?
Des questions qui ont beaucoup de réponses possibles, posées avec une vraie curiosité, suivies d’une pause assez longue pour réfléchir.
| Ferme la porte | L’ouvre |
|---|---|
| « C’est un cheval ? » | « Raconte-moi ton dessin. » |
| « De quelle couleur est le dragon ? » | « De quoi le dragon a-t-il peur ? » |
| « Tu as aimé l’histoire ? » | « Que s’est-il passé le lendemain matin ? » |
| « Ce n’est pas fait pour ça. » | « Ça pourrait être quoi d’autre ? » |
Devant un dessin, demandez plutôt que de deviner, décrivez plutôt que de noter (« plein de tourbillons bleus ! ») et laissez un dessin devenir une histoire.
Quelles activités créatives proposer à chaque âge ?
À tout âge : de la place pour jouer, de quoi jouer, et un adulte qui suit le mouvement.
| Âge | À essayer | Ce que dit la recherche |
|---|---|---|
| 2–3 ans | Quelques objets ouverts sortis à la fois ; faites tourner le reste | Une petite étude : moins de jouets, un jeu plus long et plus varié |
| 3–5 ans | Faire-semblant, avec vous en acolyte ; se déguiser | Lié à la pensée créative, sans preuve qu’il en soit la cause |
| 4–7 ans | Jeux d’histoire à tour de rôle ; écrire, dessiner et jouer leurs histoires | Suggéré par le Center on the Developing Child de Harvard |
| 8–12 ans | Une BD, un monde inventé avec sa carte, une nouvelle fin pour un livre | La pensée divergente augmente en général au fil de la scolarité ; baisse possible vers la 5e (la « seventh grade » américaine) |
Les enfants perdent-ils leur créativité ?
C’est contesté. La « crise de la créativité » compare les scores de personnes différentes d’une décennie à l’autre, et non les mêmes enfants au fil du temps, et une réanalyse plus large n’a trouvé aucune preuve de déclin.
Kim (2011) a comparé les échantillons d’étalonnage des tests de pensée créative de Torrance de 1966 à 2008, soit 272 599 personnes au total, et a rapporté une baisse des scores après 1990, surtout de la dernière année de maternelle au CE2. Une réanalyse de 2021 par Barbot et Said-Metwaly portant sur plus de 330 000 personnes n’a trouvé « aucune preuve à l’appui de l’idée d’un déclin générationnel de la créativité ». La mise à jour de 2021 de Kim fait toujours état de baisses, surtout chez les jeunes enfants : le débat reste ouvert.
Deux autres mythes. « La créativité s’effondre en CM1 » : une méta-analyse de 41 études portant sur 40 918 enfants et adolescents n’a trouvé aucun creux général à ce stade de la scolarité. « 98 % des enfants de 5 ans sont des génies créatifs » : ce chiffre de « l’étude de la NASA » remonte à un livre de management de 1993, Breakpoint and Beyond, et nous n’avons trouvé aucun article évalué par des pairs ni aucune donnée à l’appui.
Quelle place pour MiniMinds ?
Dans MiniMinds, une app d’histoires du soir, votre enfant choisit un héros, un monde et une leçon, et Pofi, notre conteur (un petit monstre violet en feutrine), écrit avec l’IA une histoire illustrée toute neuve en quelques minutes, puis la lit à voix haute. La part créative, ce sont les choix de votre enfant et ce que vous faites ensuite : faites une pause avant la fin pour demander ce qui va se passer, ou dessinez le héros ensemble. C’est une étincelle pour jouer, pas un substitut. Notre bibliothèque gratuite rassemble des milliers d’histoires que des familles ont choisi de partager.
Sources
- Yogman et al. ; Académie américaine de pédiatrie (2018). The Power of Play. Pediatrics. lien
- Healey & Mendelsohn ; Académie américaine de pédiatrie (2019). Selecting Appropriate Toys for Young Children in the Digital Era. Pediatrics. lien
- Russ (2016). Pretend Play: Antecedent of Adult Creativity. New Directions for Child and Adolescent Development. lien
- Lillard et al. (2013). The impact of pretend play on children's development. Psychological Bulletin. lien
- Dauch et al. (2018). The influence of the number of toys in the environment on toddlers' play. Infant Behavior & Development. lien
- Mann & Cadman (2014). Does Being Bored Make Us More Creative? Creativity Research Journal. lien
- Nettinga et al. (2023). Exploring the Relation between State and Trait Boredom and Various Measures of Creativity. Journal of Boredom Studies. lien
- Taylor et al. (2004). The characteristics and correlates of fantasy in school-age children. Developmental Psychology. lien
- Center on the Developing Child at Harvard University (2024). 5 Games & Activities for Children (4–7 years). lien
- Kim (2011). The Creativity Crisis. Creativity Research Journal. lien
- Barbot & Said-Metwaly (2021). Is There Really a Creativity Crisis? Journal of Creative Behavior. lien
- Kim (2021). Creativity Crisis Update. Roeper Review. lien
- Said-Metwaly et al. (2021). Does the Fourth-Grade Slump in Creativity Actually Exist? Educational Psychology Review. lien
- Land & Jarman (1993). Breakpoint and Beyond. HarperBusiness. lien

Cet article fait partie du guide
L’intelligence émotionnelle de l’enfant : le guide âge par âge








